Poèmes pour voler debout

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mi-septembre à mi-août2002

Avant Après


"Those kilometers and the red light
I was always looking
left and right"
D.Bowie, "Always crashing in the same car".
-- Fragments qui vont du pourpre au fuschia --


Ce monde aux nuances pourpres avait été jadis un espace ordonné.
Maintenant, des routes s'y entrecroisaient, montaient en diagonale
puis revenaient vers le sol, sans qu'il soit possible de
discerner la logique de leurs déplacements.
De sorte que regarder à gauche puis à droite ne suffisait plus pour
traverser.

Il fallait ajouter d'autres sens, presser des tubes hors de soi, en
verser
d'autres vers soi, verser le tout sur le tableau de notre vie.

Substance à sonner aux portes
désir d'enrouler les désarrois autour d'un axe
curs rouges étroitement serrés l'un contre l'autre
comme deux enfants comme deux feux sous la pluie
le premier éclatant l'autre secret
rouges anciens venus avant le monde
venus le pousser devant eux le dérouler à nos pieds
rouges tendres venus nous inaugurer
le premier rêveur le second décidé
rouges que nous parvenons à peine à garder dans nos mains

Ce monde était le mien. Je l'appelais "ce monde", comme
on appelle "ce bruit" son feu interne. Moitié par affection moqueuse,
moitié pour le persuader de ne pas nous remplir, de s'arrêter
à mi-hauteur de nous, cuves atonales, bancs insuffisamment
creusés.
Il me semblait aviver ses confins, les préciser en losanges pourpres,
ambassades de ruches intérieures, tête de pont d'un éclairage
qui s'acharnait à nous montrer l'un à l'autre.

Vitres aux ampoules
filament des corps appliqués sur le verre
comme des couches d'or plat puis de relief habité
deux ombres s'ouvrent comme des yeux
deux ombres oranges deux parodies d'homme
deux roues remuantes deux soleils déplaçant les pôles
vers le bas vers le milieu deux lèvres d'humilité

Inclusions d'astuces elles se placent en cercle
maître de cérémonie le temps pratique des ouvertures
dans ce qui semble bouché
maintenant même les feuilles sont oranges
maintenant tu peux te servir de cette connaissance
la sortir de ses écrins lui donner ton odeur
deux ombres oranges elles se parlent le monde pivote
deux ombres oranges fais tourner la terre donne la moi non moi
deux amants couchés tête pied pied tête
deux arches qui se prolongent

Quelque chose battait sur mon cou. J'avais perdu la mémoire du nom
de cet objet, mais je savais qu'il m'avait été très familier.
C'était une seconde peau qui tantôt s'éloignait, tantôt se rapprochait
de
la mienne, comme une médaille faite dans la chair découpée dans le
mouvement même qui précède sa solidité.
L'écriture et les dessins ciselés dessus ne témoignaient pas du monde
des dieux blancs et des rites sans souterrains.

Elle appartenait à un ordre jaloux, une confrérie fuschia dont les
battements de coeur martelaient des cercles sauvages,
entrechoquaient des peaux dépouillées de tout apprêt.
Cette chose amoureuse irriguait des chaudrons, recouvrait nos nuques de
grands aplats chauds, formait un corps de corail entourant la nuit.

Macéraient des tableaux
mijotaient des routes des mailles des fils secoués
fuschias remués dans l'eau qui tremble de baisers
fuschias processions mariages de nuances
fuschias vibrant dans l'ovale immergé

Le balancier des couleurs s'évasait vers le chaud.

On disait aussi
volcan fournaise lave sans abri
forge d'amour
irruption de rochers incandescents dans les rêves
carillon brûlant création sans pareille

Une flamme grondante qui nourissait le monde
en souriant

Un peu de toi
à porter autour du cou

13-09-2002




-- Journal d'une île soufflée à servir chaude --


Si j'étais une loi physique, je serais celle de la pression.
Il y a toujours une force inconnue qui essaye de grimper en moi, puis de
me distendre. Comme si j'étais l'escalier d'un phare à grimper au
fur et à mesure qu'il se constitue.
Comme si la lumière devait à tout prix prendre possession d'un gouffre.

Avant, j'évitais de lever les épaules, pour ne pas me retrouver perchée
sur des légendes de marins qui auraient cru m'apercevoir. Je devais
demeurer fantomatique, historique, prononcée à mi-voix entre les deux
pages les moins reconnaissables d'un livre.

Je voulais ressembler aux autres, être une île plate qu'une demi-main
suffirait à calmer. Une progression végétale au couleurs décalées : tige
rouge, sève bleue, lisière d'or scintillant sous l'eau.
Une sorte de néant bien habillé.

Entre temps, il y a eu le vent, le chien fou qui court à reculons,
l'ancre déserte qui s'alourdit autour du cur.
Entre temps, il y a eu le souffle des hommes qui m'ont ranimée,
étourdie, faite tourner des centaines de fois sur moi-même.
Il y a eu la danse rieuse du réchauffement.

Par leurs plongeons répétés, les hommes ont recousu mon eau. À chaque
remontée, ils laissaient un peu plus d'eux mêmes au pied de ma falaise.
Quand leurs moitiés sont devenues égales, elles se sont réunies en
rites, consumées en roues autour des villages.

Entre temps, il y a eu le souffle, le tapis interne qui a modelé ma
forme, l'évasion des mots hors de mon centre aveugle où je n'existe
qu'en projet.

Maintenant, on me sert telle quelle, avec mes mouvements irréguliers
de jeune planète, avec mes racines qui gouttent, avec mon corps ramené
vivant d'un long sommeil sans rêves.

Des maisons blanches habitées par des femmes sombres ont soulevé ma
terre. Elles ne montraient leur couleur que la nuit, se transformant en
grands oiseaux lumineux qui se frottaient contre moi.

Mes habitants se livraient à des cérémonies au sens connu d'eux seuls :
clapotis de mains dans les vagues, chants soutenus par le battement des
pieds, terres venues d'autres mondes versées en poudre dans mon volcan.
Poissons fabuleux accrochés à leurs chevilles, ils soufflaient des
secondes, entreposaient des chants dans ma crique, leur vibration
entourée d'un coquillage.
Ils soufflaient dans des instruments faits de ma matière, combinaient
des notes avec des densités, des syllabes avec des forces.

Avec eux, j'ai dérivé vers l'éclosion des seins du temps puis je me suis
soulevée pour vivre.


11-09-2002




-- Oracle des miroirs de plein air --


Vous rapetissez. Dans l'évier, dans la marmite, dans la
tuyauterie, vous vous glissez dans des interstices d'objets
usuels. Pour être soulevée, utilisée, usée jusqu'à être recouverte
de cette mousse douce qu'on prête aux êtres qui ont précédé l'humain.
Esprits de la forêts, visages dans les nuds du bois, perles sur la
table. Des criailleries ordinaires, des puissances rauques. Toute la
liste des invités.

Votre regard au-dessus du port. Comme si vous vouliez attraper la mer
par surprise.

Quelqu'un crie dans la rue. Vous pensez que ce n'est pas vous, vous
n'êtes pas sûre. Vous n'avez rien à vous vendre, vous ouvrez à la voix.
Elle vient dans votre bouche pour vous demander de sortir sur le seuil.

L'arrière-saison est belle, vous frissonnez pourtant.

Vous marchez dans la rue, la même, toujours la même, même après une
heure sans vous arrêter vous comptez les volets ouverts et les volets
fermés. Si le nombre
des premiers dépasse celui des seconds, votre journée sera
heureuse. Il y a comme ça, une multitude de petites choses stupides qui
forment une intelligence, un collier de superstitions qui protègent du
sort.

Moi, je suis caché derrière les miroirs de plein air, derrière tous à la
fois. Ils se déplacent toujours avec vous, proches sans se confondre,
translucides sans être inexistants. Ridules de matins à glisser sur sa
propre trace , ravissements de vaisselles précieuses, ampoules d'âmes à
dévisser, rien de plus qu'un petit cercle magique où s'agenouillent
ensemble tout ceux que nous sommes, en même temps, l'un après l'autre,
sans jamais se heurter.

Des sacrilèges grattés contredisent le menu du jour. Émincer la vie,
capturer l'une dans l'autre les mains assaisonnées, jouer à ressembler à
ce que nous sommes.



Je vois votre nuque vers laquelle depuis toujours ont convergé des
lumières, j'écoute votre tracé de prismes se cristalliser le long de
vous. Je vous regarde vous exposer à l'ombre qui recoud le feu à sa
source.
Les miroirs se resserrent, les éclats se regardent et trouvent à se
compléter, les volets se cabrent et les maisons s'indignent de leur
immobilité.

Vous grandissez, vous étirez, dépassez les lignes qui courent lentement.
Quelques objets gardent la notion du temps. Vos lèvres vont prononcer un
mot, peut-être. Votre visage va changer de position, regarder vers le
côté pour choisir un jour.
Émaux d'encre en traces claires sur votre corps, carrelage d'évasions,
vous regardez vers la mer. Ou elle vers vous.

Fond de casserole, le temps rend la vie profonde, portée à même le
corps.

Montées sur des épaules, les ondes envoyées par le port amarrent la mer
sur ces piliers de plein air, sur les mots muets de vos cheveux trempés
dans l'eau.

C'est une petite rue sans magie, mais elle a beaucoup mieux. Elle a ses
miroirs de plein air, arrivés avec vous, le jour où vous êtes venue, à
flanc de colline.
Elle a son accès à la mer, vous y détachez vos cheveux tout en marchant,
tout en tenant au creux de votre paume le récit des années Elle a ses
oracles de verre, créatures souples à travers lesquelles on se déplace
d'un moment à un autre.

Elle a surtout vous, mont de densité, vague sans métrique, luciole
disposée avec art, elle a surtout vous, protégée par les volets qui
parlent au rythme du scintillement frotté des miroirs sur les lèvres.


07-09-2002




- L'Immergé du Canal a réveillé les trois anges --


Je baisse la tête
tu déploies tes ailes
une voix égrène des chiffres
nous avons chaud sous les aisselles
vous passez vite au-dessus des canaux
ils ont construit des ponts qui grandissent ensemble

Comme chaque matin, l'Immergé s'est amusé à conjuguer une histoire.
Devenu vieux par absorption d'enfants, il a soufflé sur tout ceux qu'il
a été, est et sera.
Ils ne se sont pas battus entre eux.

Quelques gouttes sur la cheville du premier ange ont parfumé les palais.
Il y avait la trace du soleil sur un corps, une Venise rouge se
couchait, s'asseyait, se levait sur sa peau.
Cela ressemblait au refus d'une fenêtre de devenir tout à fait
transparente.

Il y avait une balafre qui courait le long de nous, traversait les
canaux, passait
de place en place, soulevait l'eau verte qui retombait tout droit sur
nos cheveux,
nous tressant un capuchon d'algues.
Sous forme de regards mystérieux au milieu des ombres, des roues
pourpres formées par les danseurs nus faisaient tournoyer leurs fêtes
autour des îles.
Avec la nonchalance d'un instant brisé d'avance.

Les femmes s'agrégeaient au visible. La sensation du pâle jetait des ors
vifs sur les joues, des frénésies rondes dans les pupilles creuses.
Blémir était un bal, s'avancer jusqu'à la brêche était recoudre sa
plaie.

Devenu vert par rebonds d'escaliers, ciel couvert de mousse, l'Immergé
est allé boire à un tableau qui représentait la lumière d'ici.
Sur une contrebasse qui s'enfonçait doucement, il a interprété gravement
le profil du deuxième ange devant un public de plancton.
Il était devenu difficile de jaillir, il était devenu malaisé
d'atteindre les êtres aimés.

Les femmes fleurissaient dans la lagune, sortilèges rouges tatoués sur
les corps, fééries mobiles trempées dans la cambrure. Entre leurs
jambes, elles ramenaient des Italies, elles percutaient les aubes avec
le rebord des bals et s'évasaient sur la facade des jours, semblables à
ces gouttes qui n'obéissent qu'au feu.

Les siècles s'échappaient d'une boîte en nacre plus ancienne que la
ville elle-même, sur laquelle tu te penchais sans l'ouvrir.
Parce que tu savais que la boîte contenait tout et que nous étions déjà
dedans, tenant dans nos propres mains.

Durant les années qu'il fallait entre deux pas, les graines, ont alterné
ascensions et descentes, puis se sont mises à souffler sur nous pour
nous rassembler, avant que les ponts ne se rendorment sur l'épaule d'un
siècle.

Trains de dorures, éventails de nombrils, commencements des lassitudes,
sémaphores recouverts d'amour, pantins de flammèches dans la brûlure des
boues.
Je me souviens de tissus lourds qui flottaient sur les foules, de robes
rivales qui rosissaient les lunes. Du baiser des écharpes et du carnaval
des soies qui vibraient à contre-soleil.

Princesse sur pilotis.
Il falllait nommer tous tes habits pour qu'apparaisse le troisième
ange.

28-08-2002




-- Premières fins du monde --


C'était une maison
je croyais ne pas l'avoir choisie
elle s'est arrêtée devant moi
pour me montrer son jardin
une maison plus basse que ma tête
dans laquelle il fallait allumer le jour pour passer
parce que c'est là
dans les mois de printemps
que la nuit la plus longue
s'accroche aux poutres

Ce jour là, tu n'as pas chanté en marchant. Quelque chose dans l'air
incitait... à quoi ?
Je ne l'ai jamais su et toi non plus. J'avais eu tout le temps pour tout
ignorer de ces choses qui se taisent subitement, qu'on ne nomme jamais,
qu'on pleure après qu'elles soient parties. Ces petites billes en bois
qu'on serre entre nos mains, où nous nous sommes laissés des messages la
vie durant.
J'avais mes pots, mes arrosoirs et mes jambes fragiles, prêtes à ployer
au premier signal.

J'ai embrassé ses joues rêches
comme un livre sacré

Depuis longtemps, j'avais jeté les textes, j'avais laissé courir la
rumeur la plus folle, selon laquelle il faudrait plusieurs vies pour
être soi.
J'avais laissé s'échapper tous les animaux dans le village. Ils
rappelaient aux gens l'étendue de leurs odeurs, la pitance aigre à
transformer en sucre, les clapets instinctifs qui leur faisaient avaler
de l'air pour diluer la lave.

C'était une route de ton pays
et un grand-père au rire facile
sans bouger de sa place
me conduisait vers la tienne



Un dé à coudre, posé comme une cathédrale sur le gazon. Son apparence
étrangement humaine malgré sa forme. Ce petit dôme gris me rappelait
toi, couleur immense. Cet édicule froid me rappelait le colosse de ta
chaleur, visible de très loin.
Il respirait jusque dans les machines au loin.
Il jetait de l'humain dans les fabriques de crochets.

Nous avons commencé par la fin
de notre conversation
ce que nous avons bu
doit demeurer secret
non parce que nous le voulions
mais parce que le monde a cousu les bords de ce jour
de façon à ne pas s'ouvrir

Tout en te servant cette boisson qui rend petit, je t'avais raconté une
longue histoire sur ces gens qui se perdent pour éviter de se regretter.
Je t'avais appris à coudre les curs les uns aux autres. J'avais morcelé
l'entier pour en capturer l'origine. Folies en facons. Fioles à filter
les fées. Fous-rires faciles à fracturer les fonds. Finances de freins
en foule pour féliciter les femmes.
Rien de grand. Des abats minuscules, des viscères martelés.
Un cloître spacieux d'où sortait un chant de début du monde. D'où
sourdait un sens de bras étroitement serrés.

En dernier
j'ai couplé les commencements de moi
avec le fond des plantations du matin même
dont il était si fier
terreau versé dans chaque seconde

Couleur olive
le grand-père repeignait le portail
son pinceau passait sur moi


Une lézarde au printemps. Une fissure qui me vieillissait encore. Ou
m'ouvrait davantage. Le pendant d'une ride, posé aux antipodes.
Le monde était un balancement de langage, une corde d'épaules entre toi
et moi.
Te parler ressemblait à une piqûre qui remplit les fous d'astres
terrestres.
Un gazon de secondes drues, un semis d'ogres pressés de s'entendre.
Être vieux, c'est avoir faim de commencer un jardin.

De ses mains dures
coulait la douceur d'un monde
qui savait naître de mes chutes
de mon envie de trébucher enfin
de ma détresse en fouets debout

Je voulais te réveiller. De l'absence du chemin et de sa présence aussi.
De l'aspect visible du jardin qui se prolongeait jusque dans nos
visages.
J'ai vu les fossettes du temps et j'ai accordé mon visage à cette longue
durée au crépitement éphèmère.
J'ai rentré mes outils dans la maison. Il fallait qu'lls soient là, eux
aussi. Autour de la table, à commenter les saisons et prendre des paris.
Lequel d'entre nous allait commencer le monde ?
Lequel de nous deux avait décidé que l'autre serait le premier ?

Vieilleries à demi fermées
nos yeux versaient
des enfants de cent ans


23-08-2002




-- Nous trouver à notre manière --


Cette nuit j'ai entendu toutes les voix sauf la tienne.
elles venaient des Anciens réunis en figures irrégulières
elles venaient de la télévision morte sur mes genoux
et des amours dont j'avais dressé le plan
tonitruantes et fictives.
marécages de fer frappé

À l'envers des roseaux
dans la profondeur de ce que je ne suis pas
je t'ai extraite de cette toile tremblante.

J'ai tenté l'aventure d'être aujourd'hui et d'y survivre
ta silhouette entre mes doigts
lampe inévitable pour qui veut respirer par les yeux.

Mon corps porté au rouge a cogné contre la vase
transformé les algues en torches
croissantes
jamais déçues

Chaudes parce qu'elles sont sourdes
simplement vivantes sans chercher à savoir pourquoi
toutes les voix sauf la tienne
toutes les voix à écarter
tout ce linge qui parle en plis

J'ai transhumé ta sève
l'ai menée goutte à goutte
jusqu'au pays où nous dormons
côte à côte les voix rêvent
toutes les voix paragraphes pierres ouvertes

Toutes les voix toutes les voix
elles montent à la fin des phrases
je les entends je les sème
feuilles enluminées discret paradis
la pluie les colorie d'un ailleurs en croquis

J'ai songé aux seins des terres froides
j'ai percé des salières pour égarer ta poudre d'un geste distrait
doux récit d'un fluide arrimé
toutes les voix égarées au dessus de la tienne
toutes les voix empilées dans les bras
sans regret sans écart piles de draps toutes les voix

J'ai joué avec toi aux cachettes amovibles.
jeu sans juger les jours
joutes à gifler les jachères
toutes les voix toutes les voix
quelques cordes ont emprunté un cri
pour y pincer une histoire

Il y aurait des joues sans confitures
gonflées quand même
joues pleines d'un autre rouge non moins sucré
joues pleines d'un souffle qui pèse les vies
dans tout objet qu'il trouve
coupe en cuivre à presser sur la peau
robe portée aux heures où il faudrait dormir
cadre d'une fenêtre plus chaude que la pièce
brouette précipitée dans un jardin très patient

Je t'ai versée dans un visage qui ne dort jamais
regard en creux tu jouais à moi
toutes les voix se cacher au milieu

Toutes les voix leur chant toujours au bord
nos flancs à vif frottés contre les voix des autres
les autres à encoches et à repères
cabines à trier ceux qui sont nous

Tapis
nous ne nous sommes pas cherchés

Nous avons souffert de lignes et de lisières
toutes les voix
douceur à déduire du reste
toutes les voix sauf celle qui transporte
toutes les voix sauf la tienne
pour nous trouver à notre manière

21-08-2002



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